Combined : " There is a strong demand from the shippers "

BY Jean-Christophe Manuceau - Flash-Transport - 08/22/2013
At the head of TAB Transports and T3M (Hérault), Jean-Claude Brunier is pleased to note the positive results achieved in 2012. With a new rail road combined transport line expected in 2013, the company is aiming to provide an alternative offer of transport increasingly competitive.

Flash Transport : Comment avez-vous traversé 2012 ?

Jean-Claude Brunier, P.-D.G. de TAB et de T3M : Nous avons deux activités qui s'intègrent : routière porte à porte (TAB et STTC, une croissance externe de 2009), et opérateur de transport combiné (T3M). Pour TAB (transport combiné rail-route), cette activité a représenté 51 millions d'euros de C.A. en 2012. L'entreprise est bénéficiaire mais avec des marges de transporteur routier, c'est-à-dire assez faibles. Il s'agit d'une petite progression par rapport à 2011 (50M d'euros), mais c'est quand même positif. Pour l'opérateur T3M, nous étions à 22 millions d'euros en 2011, et nous sommes à 25 millions en 2012. Le résultat est en progression, nous sommes satisfaits.

F.T. : Comment s'organisent vos lignes ?

J.-C.B. : Pour 2012 avec T3M, nous avions trois trains quotidiens allers-retours à savoir : Paris- Bordeaux et Toulouse, à 120 km à l'heure, 1.600 tonnes, 750m du lundi au vendredi en saut de nuit. Paris-Avignon, à 120 km/h, 1.600 tonnes, train long à 850m du lundi au vendredi en saut de nuit et un train Paris-Marseille à 120 km/h, 1.600 tonnes, train long à 850m du lundi au vendredi (qui circule aussi le samedi) en saut de nuit. Nous avons lancé un nouveau train en janvier 2013 qui fait Paris-Valenton/Novara (40 km à l'ouest de Milan). Il fait trois aller-retour par semaine pour l'instant. Nous pensons passer à cinq circulations au mois de juin. C'est aussi un train en saut de nuit, jour A, jour B. Le taux de remplissage est de 98% pour ce trajet.

F.T. : Quels sont vos projets pour 2013 ?

J.-C.B. : Nous allons lancer une nouvelle ligne qui ira d'Avignon, premier stop à Dijon (850 m), et ensuite qui terminera à Nancy, aller-retour. Ce train sera quotidien, 5 jours par semaine, 120 km/heure, en saut de nuit. Nous souhaitons la lancer en septembre 2013.

F.T. : Qui sont vos chargeurs ?

J.-C.B. : Dans nos trains, 60% sont des clients de TAB en direct, et 40% sont les autres transporteurs qui chargent. Nous visons en direct avec TAB le general cargo (boisson, alimentaire, électro-ménager, etc...).

F.T. : Comment vivez-vous la crise ?

J.-C.B. : Le mois de février 2013 n'a pas été très bon, mais mars semble mieux orienté. Nous sommes prudents car l'environnement est très concurrentiel, et les volumes ne sont pas là en général. Pour T3M, nous avons un objectif de développement très ambitieux, puisque nous visons un C.A. supérieur à 30 millions d'euros. Le lancement de la ligne Avignon-Nancy sera une première dans le combiné sur cet axe. Il y a un potentiel important. Il y a une demande forte des chargeurs.

F.T. : D'autant que vous êtes dans un secteur où il faut tout planifier à l'avance.

J.-C.B. : Tout à fait. Nous travaillons avec un an d'avance, nos sillons [droit de passage sur une ligne de chemin de fer à un instant T, ndlr] sont réservés aujourd'hui pour 2014.

F.T. : Que dire de l'écotaxe ?

J.-C.B. : Pour le transport combiné rail-route, nous demandons l'exemption afin de faciliter la mise en place d'une alternative au tout routier. Cela serait dans la ligne du Grenelle. Nous soutenons cette demande d'exonération pour le rail-route de l'écotaxe pour ses vertus environnementales ainsi que pour ses vertus sociétales. Nous réservons aux conducteurs routiers les missions nobles juridiques et commerciales. Le GNTC nous soutient, ainsi que l'AUTF. Pour l'instant, nous n'avons pas obtenu gain de cause mais nous gardons espoir. Même en cas de refus, le transport combiné rail-route sera moins impacté, et nous renforçons notre compétitivité. Pour la route pure, sur les transports inter-régionaux, le taux sera de 4,4%. Il est probable que pour le rail-route, cela sera inférieur. Les débats parlementaires le fixeront.

F.T. : Et pour l'obligation d'affichage CO2 qui sera mise en place le 1er octobre prochain ?

J.-C.B. : Chez TAB, nous nous sommes fortement engagés dans l'optique de réduction de CO2 en plus du transport combiné rail-route. Nous avons signé la charte d'engagements volontaires de réductions des émissions de CO2 avec l'Ademe et nous allons renouveler ce contrat. Nous donnons à nos chargeurs un bilan carbone chaque mois, pour ceux qui le demandent, pour leur indiquer le nombre de tonnes qu'ils ont économisé avec le transport rail-route. Pour nous, cela ne sera pas un grand changement, car c'est un processus dans lequel nous sommes déjà engagés.

F.T. : Comment s'annonce l'avenir pour TAB/T3M ?

J.-C.B. : Nous sommes optimistes, car nous avons pu inventer un nouveau modèle de transport combiné rail-route en intégrant l'ensemble de la chaîne du porte à porte du client chargeur au sillon ferroviaire grâce à la qualité du candidat autorisé de T3M qui peut acheter directement les sillons à RFF. De la sorte, nous pouvons maîtriser la qualité de cette chaîne. Notre objectif est d'être, en termes de qualité, au moins égal à la route et si possible supérieur. Notre organisation nous permet de remplir nos trains, ce qui nous rend compétitifs. De plus, nous avons lancé en 2012 des trains longs qui renforcent cette compétitivité. Toutefois, le transport combiné est en retard par rapport aux autres pays européens à cause de l'état des sillons et des travaux nécessaires pour les remettre à niveau. L'autre problème se situe au niveau des terminaux. Ils sont encore occupés par les opérateurs historiques, et nous sommes obligés de sous-traiter sur certains d'entre eux. Cela nous coûte 40 à 50% plus cher et nous donne une mauvaise qualité de service. Nous sommes obligés de sous-traiter avec la concurrence, c'est dire ! D'où une compétitivité mauvaise, mais cela va changer avec l'abandon par Novatrans de certains terminaux. Novatrans est en train de restituer à RFF ses terminaux. Nous espérons donc trouver avec notre nouveau modèle une meilleure qualité de service avec un coût beaucoup plus bas. Le transport combiné rail-route va devenir de plus en plus compétitif.

Combiné : "Il y a une forte demande des chargeurs" - Flash-transport

Jean-Christophe Manuceau - Flash-Transport

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