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Si une leçon pouvait être tirée de la récente assemblée générale du GNTC, c'est que, à coup sûr, le transport
combiné rend philosophe. Manifestement lassés des cris d'alarmes qui ne rencontrent que leur propre écho, les professionnels du secteur ont semblé conscients qu'il leur serait difficile désormais de tomber plus bas. Du coup, ils
se sont montrés plutôt optimistes quant aux effets des modifications structurelles qui sont en passe de changer activité.
Il s'agit d'abord de la libéralisation du cabotage ferroviaire début 2007. Elle leur apporte la certitude qu'ils pourront s'adresser ailleurs qu'à la SNCF pour faire tirer leurs trains; et ils s'inquiètent surtout, aujourd'hui,de savoir comment ils vont gérer la période transitoire. Dans le même temps, non seulement Fret SNCF restructure son système de production,
"D'accord pour un réseau squelettique s'il le faut, mais puissant"
mais il le fait selon une méthode que les acteurs du transport combiné approuvent. Le pire, désormais, nest donc plus certain et Jean-Claude Brunier, le nouveau président du Groupement élu lors de cette réunion, a même accepté lidée que la SNCF mette à disposition du transport combiné en France un réseau «basique, voire squelettique s'il le faut », mais à condition qu'il soit "puissant, fiable et accessible à des prix compétitifs". Le président du GNTC a estimé que le recentrage du transport combiné sur des activités où sa pertinence économique est avérée, peut jeter les bases d'un redémarrage de cette technique de transport en France.
Mais s'ils ont souhaité que le plan de redressement de Fret SNCF réussisse, les
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représentants du GNTC nont pas oublié, néanmoins, de formuler un certain nombre de demandes, à la SNCF, mais aussi aux pouvoirs publics. Évoquant la réduction des capacités, le PDG de Novatrans, René Petit, a expliqué que l'on ne devait pas être loin de l'objectif après la diminution du nombre de trains de l'ordre de 25% à laquelle ont procédé les opérateurs depuis le début de l'année. Il s'est également félicité d'une sensible amélioration de la qualité du service ferroviaire depuis la mise en place, il y un an, par la SNCF, de l'Epoc (1). Il a cependant parlé d'une "politique d'étranglement du transport combiné "à propos des augmentations tarifaires" à deux chiffres" imposées par la SNCF et RFF, regrettant un "décalage grandissant avec le niveau tarifaire que peuvent accepter les opérateurs", René Petit a par ailleurs souligné le fait que le transport combiné ne pourra se passer de l'aide de l'État au moins pour la période, qui précède la libéralisation du cabotage. Et il a expliqué que la profession a besoin d'une visibilité sur le versement des aides, ajoutant qu'il serait dommage que l'essentiel de leur montant soit utilisé pour payer des augmentations tarifaires.
De son côté, Jean-Claude Brunier a considéré que les 16 ME d'aide au combiné rail-route prévus pour 2O04 sont insuffisants, indiquant que la Commission européenne autorise des montants d'aide sensiblement plus élevés dans d'autres États de l'Union. Sur ce point précis, Marc Véron, directeur général délégué fret de la SNCF, a répondu qu'il appartenait aux décideurs politiques de dire jusqu'où ils sont prêts à compenser les pertes d'exploitation des lignes ou installations de transport combiné que la SNCF n'a aucune

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chance de rentabiliser.
Garder l'avantage des 44 t
Le président du GNTC, a ensuite plaidé la cause du transport combiné dans un certain nombre de dossiers, auprès de Patrice Raulin, directeur des transports terrestres, venu représenter François Goulard, secrétaire d'État aux Transports.
Il a d'abord demandé que l'avantage d'un PTRA (Poids total roulant autorisé) de 44 t suit conservé au transport combiné rail-route, alors que les autres fédérations professionnelles de transport routier demandent aujourd'hui une généralisation de ce PTRA maximum à tous les types de transport. En février dernier, le ministère des Transports a élargi l'autorisation de circuler à 44 t à certains véhicules effectuant des pré- ou post-acheminements portuaires, dans une zone comprise entre 100 Km et 150 Km des ports maritimes. Le président du GNTC a demandé qu'on en reste là. Patrice Raulin a rappelé que la généralisation des 44 t était clairement formulée par les autres fédérations de transports, mais il a indiqué prudemment que, pour l'instant "le gouvernement n'avait pas pris de position sur l'évolution de cette réglementation."
La seconde demande de Jean-Claude Brunier a été celle d'un statut spécifique pour les conducteurs routiers du transport combiné, dont le temps de travail serait calculé selon les mêmes critères que celui des conducteurs en longue distance. Jean-Claude Brunier a déclaré qu'une telle mesure permettrait aux transporteurs routiers utilisant le rail de gagner de 3% 4% de productivité. Selon le président du GNTC, les conducteurs de ces entreprises ont en effet une activité purement locale, mais rythmée par l'arrivée des trains tôt le matin et leur
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départ en fin de journée. L'allongement du temps de travail des conducteurs permettrait aux entreprises concernées, toujours selon Jean-Claude Brunier, de mieux gérer l'utilisation de leurs camions et l'emploi du temps des conducteurs. Patrice Raulin a répondu qu'il "ne parait pas impossible" d'étudier cette demande, mais il a indiqué qu'une décision sur le sujet relevait d'abord du domaine conventionnel et non pas du réglementaire. Le représentant du ministre a suggéré au GNTC de soumettre le dossier à la commission animée par Georges Dobias.
Temps de conduite à revoir
On le sait cette commission est chargée de lépineuse mission de faire, pour le 15 juin, des propositions au ministre des Transports en vue de transcrire la directive européenne sur le temps de travail des conducteurs routiers. Et le moins que lon puisse dire, c'est que le GNTC met «les pieds dans le plat». Dans ce dossier, en effet les autres fédérations patronales du transport routier aimeraient que la France, qui distingue trois catégories de conducteurs (longue distance, régional, messagerie) revienne, comme le prévoit la directive, à deux catégories seulement (longue distance et régional). De leur côté, les syndicats de salariés qui ont obtenu de haute lutte lapplication du droit commun sur la durée du travail (35 heures) à la messagerie, attendent de pied ferme toute velléité de retour en arrière. Dans ce contexte une fédération professionnelle demandant la création dun statut de conducteur supplémentaire pour le transport combiné sattaque à un dossier pour le moins Complexe...
Luc Battais
(1) EPOC : entité de production et doptimisation du combiné. Il sagit dun centre de pilotage du transport combiné installé par la SNCF à la Gare de Lyon et traité par le plan de réforme de Fret France comme un "grand axe".

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