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A la recherche d'un transport « clean » !

Quelle que soit la motivation qui les anime, les professionnels du transport et de la logistique ont compris qu'il était temps de communiquer davantage sur leur aptitude à devenir des acteurs du développement durable. Cette année, la SITL leur a donné l'occasion de faire le point sur le sujet.

Confrontés à de nouvelles pressions économiques, les grands acteurs du transport et de la logistique entendent polir leur image. « De plus en plus de clients exigent de nous une démarche environnementale et sociale. Il s'agit là d'un point incontournable lors de nos appels d'offre », constate Jean-Claude Michel, président du directoire de Norbert Dentressangle. « C'est vrai ! Il devient vraiment important pour nous d'afficher une bonne image en ce sens », confirme Fiona Duavrant, directrice générale de Premium Logistics France qui entend développer un « entrepôt écologique » pilote à Santeny (Val-de-Marne) en collaboration avec Total.

Un « machin » difficile à décrypter

Pour beaucoup d'entreprises, le développement durable, en théorie basé sur la prise en compte des trois piliers économique, environnemental et social, reste un « machin » difficile à décrypter. « De nombreuses sociétés se retrouvent face à un mur, ne comprenant pas exactement de quoi il s'agit », note Julien Darthout, du cabinet de conseil CPV Associés. Nombreuses aussi sont celles qui n'engagent encore que des actions réduites.

« Pour certains, tout ceci se limite à l'achat de quelques camions écologiques sans penser à la mise en place d'une politique qui pourrait s'inscrire dans la durée », ironise-t-on chez un transporteur.

Point commun à l'ensemble des transporteurs : tous justifient aujourd'hui leur engagement environnemental par des mesures économiques déjà appliquées depuis des années.

L'optimisation des flux visant à supprimer les camions roulant à vide, à « massifier » les convois et par-là même à réduire le taux de CO2 sur les routes, en est le parfait exemple. Une politique qui fait le bonheur des éditeurs de logiciels, « même si notre objectif n'était pas au départ de sauver la planète ! », tempère Alain Vernadat, directeur général Europe du Sud de Teleroute. Pour inciter l'ensemble du secteur à s'engager d'avantage, certains entendent montrer l'exemple avec des politiques alliant social et environnement : chez Norbert Dentresangle, on assure vouloir non seulement travailler sur la réduction du CO2, mais aussi améliorer le traitement des déchets et favoriser la formation, avec des rendus chiffrés chaque année. Même chose chez Stef-TFE, où le développement durable passe certes par la réduction de CO2 (15 % des camions seront équipés de boîtes automatiques en 2005, généralisation de l'informatique embarquée...), mais également par le management interne (deux tiers des salariés détiennent aujourd'hui une part du capital de l'entreprise).

Le transport combiné, un point crucial

Le transport combiné devait apporter sa contribution à la grande oeuvre mais, en faillite en France, sa survie dépend du « plan de sauvetage de la dernière chance » annoncé par le gouvernement. S'il réussit l'épreuve du redéploiement et de la rentabilité, le transport combiné, et plus généralement le transport ferroviaire de fret sera un « point crucial pour le développement durable » annonce Jean-Claude Brunier, président de TAB. Du côté des entreprises, l'avenir de la planète ne peut passer que par l'utilisation d'outils garantissant leur pérennité et qui devront en outre être rentables. « Nous ne sommes pas là pour faire du développement durable, mais du business » rappelait-on sur le stand d'ABX Logistics.

Guillaume Chazouillères

Le club du développement durable

Soucieuses de réfléchir de façon plus approfondie aux problèmes du développement durable, dix entreprises se sont regroupées, à l'initiative de Carrefour, pour former le club Demeter qui rassemble des industriels (Coca-Cola, France Boissons...) et des prestataires (Stef-TFE...). L'idée ? Former des groupes de travail, réfléchir à des solutions permettant des économies de carburant et développer des projets tests. Tests de camions roulant au GNV, réflexions sur le développement du transport fluvial et recherche de solutions pour améliorer le remplissage des camions sont déjà en cours... On attend les premiers vrais bilans économiques et écologiques pour l'ensemble des acteurs !

 

Un livre pour témoigner

La STIL édite cette année un ouvrage spécifiquement consacré au développement durable. Construit sur la base d'interviews réalisées par l'écrivain Teddy Follenfant, « Solutions durables pour de nouvelles intelligences transport et logistique » compile des réflexions de transporteurs et de logisticiens sur le sujet. Quinze professionnels, dont la SNCF, ACR Logistics, Renault Trucks, Mory Group, etc., témoignent, avec des points de vue très variés, tantôt privilégiant une politique sociale dans l'entreprise, tantôt mettant davantage l'accent sur les problèmes de pollution liés aux transports.


La grande distribution, fer de lance du développement durable...

And the winner is... Auchan ! Pour avoir acheminé en 2004, 55 % de ses importations monde par voie fluviale, le groupe Mulliez s'est vu remettre le premier prix du développement durable SITL.
Cet engagement « écolo » n'a rien de surprenant. Directement au contact des consommateurs, la grande distribution (6 à 7 % des transports de marchandises) ne cesse de montrer l'exemple en matière de protection de l'environnement. Chez Carrefour on avance aussi de solides arguments : 3.000 à 4.000 conteneurs empruntent chaque année les voies fluviales.
Optimisation des tournées, recherche de combustible moins polluant... les grandes enseignes s'engagent sur tous les fronts. Depuis 2003, Monoprix (avec son prestataire Geodis) dispose même de deux porteurs de 10 tonnes, roulant au gaz naturel de ville (GNV). « Notre objectif est désormais d'équiper 60 véhicules sur 3 ans », affirme-t-on au sein de l'enseigne, en attendant l'apparition de nouvelles alternatives de carburants, plus économiques. « Le jour où une nouvelle solution paraîtra vraiment intéressante, nous sauterons dessus », renchérit de son côté Léandre Boulez, directeur général d'Auchan. Quid d'un nouveau prix du développement durable ?

Les systèmes d'information au secours l'environnement

Le malheur des transporteurs à la recherche de solutions en termes d'économies de carburant fait le bonheur des éditeurs de logiciels. En effet, les solutions informatiques visant à tracer les convois et à optimiser les tournées de véhicules se multiplient.
Après Magellan (en partenariat avec Masternaut), CartoCom ou encore WinRoute, Renault Trucks commercialise à son tour son propre système baptisé Infom@x : « Cette interface internet fournit des informations en temps réel sur les positions des véhicules. Elle permet aussi à chaque entreprise de gérer au mieux le temps de travail des chauffeurs. C'est l'outil le plus pratique du marché ! »; se rengorge-t-on chez le constructeur. Parallèlement, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie cherche à promouvoir de nouveaux outils comme le Bilan Carbone, initialement conçu pour la distribution. L'idée ? Permettre à chacun d'évaluer les émissions de gaz à effet de serre en lien avec son activité, grâce à des données (chauffage dans un entrepôt, déplacements des salariés...) rentrées préalablement dans un logiciel. De façon moins précise, le site www.energeco.com, développé en collaboration par l'AFT-IFTIM et l'ADEME, vise également à fournir ce type de repères, avec en prime, des informations complètes sur l'ensemble des paramètres qui peuvent aujourd'hui influer sur la consommation de carburant.

Transports Actualités - N° 817 de 15 au 28 avril 2005

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