|
Les conteneurs et les caisses mobiles ont appris à cohabiter. Dans ce contexte, TAB tire bien son épingle du jeu. Pionnier, avec Rouch, d'un mode de transport compliqué à gérer en fonction des aléas ferroviaires, l'entreprise créée par le père de Jean-Claude Brunier, l'actuel P-dg, réalise un chiffre d'affaires de 32 M€ avec des trains complets quotidiens au départ de l'Île-de-France vers le sud. Seulement 10 à 15 % de l'activité concerne le conteneur. Rien à voir avec le leader du marché, Transco La Fosséenne, créé à Fos-sur-Mer, et devenu n°1 au Havre. Pour être le premier dans la spécialité, il faut employer 305 personnes, faire rouler 240 tracteurs et mettre à disposition un parc de 550 semi-remorques.
Des « métiers experts »
Pour être efficaces, les spécialistes du porte-conteneur doivent connaître les us et coutumes du milieu portuaire. Ce qui fait dire, aujourd'hui, à Jean-Maurice Mertz, patron des transports Mertz. « I( y a trop de monde pour se partager le gâteau, ce qui obère la rentabilité des entreprises. Mais vous savez, les puissants, ce sont les armateurs, les transitaires et les ports. Les attentes obligées avant de pouvoir charger et décharger désorganisent notre exploitation ». Certaines entreprises ont gardé une taille humaine. Robert Inger, patron de l'entreprise éponyme, ne veut pas passer le cap des 49 salariés. Ancien conducteur puis patron-chauffeur, il connaît Le Havre comme sa poche et sait placer ses conducteurs de port dès le matin pour attendre les déchargements. Mais il possède aussi 31 châssis équipés de génératrices pour emporter des conteneurs frigo. Car mieux vaut transporter des produits sensibles ou à forte valeur ajoutée. Jean-Louis Ravier, patron de De Rijke pour l'Europe du Sud (France-Espagne-Italie) le sait bien. Son activité conteneurs chimiques représente aujourd'hui 25 % d'une activité transport de 22.800 K€. Répartissant son activité sur plusieurs métiers, De Rijke France opère aussi des transports de déchets dangereux, le black carbone, des résidus de combustion qui nécessitent des précautions dans leur manipulation. Également présents dans le transport alimentaire, ils font toutefois office de Petit poucet avec un CA de 2,7 M€ face à Veynat (33) et autre Getac (14).
Transports avicoles
Dans ce secteur, certaines entreprises sont les filiales des géants de l'agroalimentaire, comme Normandie Bretagne Transport qui roule pour Bongrain.

|

L'alimentaire nécessite une organisation sans faille avec traçabilité permanente et nettoyage de la citerne après chaque voyage. Touchant à l'alimentation humaine, ces procédures et méthodes sont indispensables dans un secteur particulièrement sensible. IL en est de même dans le transport avicole. Mais le transport des volailles vivantes a subi de plein fouet la crise de confiance des consommateurs. Aujourd'hui, la filière a retrouvé son niveau de production sur le marché européen, mais pas à la grande exportation où les pays à bas coût ont profité des difficultés européennes.
Il en est tout autrement dans les « masses indivisibles ». Le savoir-faire est aussi lié à la qualité de la méthode de chargement ainsi que la préparation du voyage. Les tracasseries administratives ne facilitent pas le travail. Le transfert du réseau routier aux Conseils généraux crée des problèmes supplémentaires dans le choix des itinéraires. Des sociétés spécialisées se sont organisées pour aider les transporteurs à monter des dossiers de plus en plus complexes. Sur le marché français, Capelle et Altead évoluent désormais par croissance externe. La compétition entre les deux est engagée. Mais elle ne doit pas occulter d'autres spécialistes du secteur comme TLW, Ayala, Chervier ou Morlin Logistique et Transport (33), ce dernier étant bien connu dans le transport de bateaux. Dans le secteur du meuble, les deux groupes Girard et Guisnel ne cessent de consolider leurs positions. Mais ils doivent compter avec le dynamisme de VIR Transports, sur la région parisienne. Dans ce métier, le transporteur se mue en stockeur et livreur vers les particuliers pour le compte des grandes enseignes. Notons que notre sélection « oublie » certains métiers, comme les transports de verre plat, de bois ou de poissons vivants.
Jean-Yves Kerbrat

|