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Depuis le retrait de Veolia Transport, T3M, société de logistique ferroviaire, appartient à 100% à Jean-Claude Brunier, également P-dg de TAB, spécialiste national de la caisse mobile dont le siège est à Saint-Jean-de-Védas (34). Les deux entités constituent le leader français d'un secteur à la peine, marqué par le retrait de l'ex-CNC (Naviland Cargo aujourd'hui). Les relations avec la SNCF et Réseau Ferré de France sont présentées comme « constructives » et les projets de développement promis à réalisation.
L'année dernière TAB a réalisé 44 M€ de chiffre d'affaires et T3M, 10 M€. L'ensemble est complémentaire. Le premier possède 100 moteurs et en sous-traite autant pour tirer 300 semi-remorques. L'entreprise possède aussi 730 caisses mobiles de 13,60 m/90 m³ ou 7,825 m/50 m³ en toute propriété. Si T3M a déménagé, fin mai, de quelques centaines de mètres de son implantation historique de Bonneuil (94) pour s'installer sur le site de Valenton (sur un site de 3 hectares), c'est à cause de la réorganisation de l'offre SNCF. En revanche, l'entreprise garde cette possibilité de revenir un jour sur un site où elle dispose d'un quai de 800 m idéal pour charger un train standard de 750 m, celui-là même qui emporte chaque jour 48 caisses mobiles vers le sud. Jean-Claude Brunier est formel : « Les autoroutes de la Vallée du Rhône seront bientôt complètement saturées. Cet engorgement va bénéficier aux solutions alternatives comme le rail-route ».
Dans cette optique, il réfléchit à l'augmentation des fréquences de sa navette ferroviaire nord-sud, et retour, qui affiche complet six jours par semaine (augmentation des capacités de 20%). La navette du samedi (capable de transporter 40 UTI) est partagée avec l'opérateur italien GTS, spécialiste du frigo. Mais la mise en place de nouveaux trafics nécessite un investissement dans des wagons, même loués en « full service », qu'il serait difficile de rentabiliser sur un seul aller-retour supplémentaire. Mais pour aller un peu plus loin dans l'optimisation de ses déssertes, T3M espère bientôt lancer des trains de 1000 m de long pour 1900 t contre 750 m et 1400 t aujourd'hui. Techniquement, c'est possible. Il reste à obtenir l'aval de Réseau Ferré de France qui réalise actuellement une étude de faisabilité. En effet, la longueur standard d'un train est de 750 m. Au delà, peuvent surgir des difficultés en cas de nécessité de croisement. Marseille et Sète seront desservies par des trains longs emportant chacun 64 caisses mobiles. Les frais fixes étant couverts, l'opération n'en sera que plus rentable.

Les ports du Sud ont un rôle majeur à jouer dans le futur.
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Jean-Claude Brunier,
également président du GNTC.
Nouveau terminal
Mais Jean-Claude Brunier a d'autres idées. Environ 10 à 15 % de l'activité de ses sociétés concernent le conteneur. Il s'étonne que le trafic maritime venant d'Asie, en très fort développement, passe par le canal de Suez, puis emprunte la Méditerranée avant d'aller décharger majoritairement dans les ports du Nord européen. Sous-utilisés aujourd'hui, il pense, à juste titre, que les ports du Sud ont un rôle majeur à jouer dans le futur. Dans deux ans, celui de Marseille doit se doter d'un nouveau terminal et d'importants centres logistiques, tels Ikéa, Decathlon, s'installent à Miramas ou Saint-Martin-de-Cros où 15 ans en arrière il n'y avait que des terrains vagues. Compte tenu de la constatation précédente, l'encombrement routier du couloir rhodanien, il y a des parts de marché à gagner dans sa spécialité.
Le transport combiné compte sur le soutien de l'Etat qui, via l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), met la main à la poche en allouant des aides spécifiques aux investissements « non polluants » de 25% si le bénéficiaire exploite lui-même ou de 20% s'il développe son utilisation, avec des limites financières par voyage en fonction de la longueur des caisses. À destination, l'avantage est également donné au transport combiné qui, tout comme le conteneur maritime, peut rouler à 44 t dans un rayon d'environ 150 km autour du point d'arrivée ou davantage sur autorisation de la DDE délivrée généralement pour cinq ans.
J.-Y. K.

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