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Avec plus de 116 M€ de pertes cumulées l'an passé en France par les principales entreprises du secteur, le transport combiné rail-route chemine dans l'impasse. Afin d'assainir la situation, François Goulard, secrétaire d'État aux Transports et à la Mer, propose de nouvelles mesures, assorties d'un financement révisé.
Rentabilité et pérennité du rail-route ont présidé à l'élaboration du plan annoncé le 29 mars par François Goulard, secrétaire d'État aux Transports et à la Mer. Dernier responsable gouvernemental en date à s'attaquer aux problèmes récurrents du transport combiné en France, son plan articulé autour de trois principaux points était, de l'aveu de René Petit, P-dg de Novatrans (CA 2004 de 102,5 M€ contre 109 M€ en 2003), « très attendu ».
Le plan prévoit d'abord une rénovation du modèle de transport avec la mise en place de trains directs de point à point sur de longues distances qui permettra de concentrer les volumes transportés. « Pas la peine de chercher bien loin : établir un focus sur des dessertes à fort potentiel et remplir les trains doit permettre de pérenniser le transport combiné, et en particulier le rail-route », précise René Petit.

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Second volet du plan, la clarification du rôle des acteurs pour une meilleure gestion des terminaux. L'exploitation de chaque terminal sera confiée par RFF (Réseau Ferré de France) à un opérateur unique. De même, les opérations de manoeuvres dans les terminaux (en particulier le "dernier kilomètre") seront sous-traitées. René Petit reconnaît dans la mesure « un bon moyen d'améliorer la productivité » qu'il appelle de ses voeux « sur tous les plans ». Jean-Claude Brunier, président du GNTC (Groupement national des transports combinés) y voit « l'opportunité pour des entreprises privées de s'intéresser au transport combiné », avec pour perspective une concurrence accrue devant participer des efforts de productivité à poursuivre.
De 10 à 12 euros
Dernier volet du plan, l'amélioration de la qualité de service. La SNCF et RFF s'engageront dans leurs contrats commerciaux, sous contrainte de pénalités, sur les sillons, la traction ferroviaire, l'exploitation des terminaux ou encore la ponctualité des trains.

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Alors que la SNCF a augmenté ses tarifs ces derniers mois, les opérateurs, quelle que soit leur taille, avaient tendance à se plaindre de la fiabilité des prestations. « Prix et qualité de service priment dans notre domaine d'activité », analyse Élisabeth Teboul, P-dg de Rouch International. René Petit insiste sur la notion de chaîne. « En tant qu'opérateur, nous nous trouvons entre nos prestataires que sont la SNCF et RFF et nos clients que sont les transporteurs routiers. Un haut de niveau de service doit être une préoccupation permanente à tous les niveaux de cette chaîne. Cette mesure me paraît aller dans le bon sens. »
Reste à évoquer « le nerf de la guerre », le financement. Jean-Claude Brunier fait part de « sa bonne surprise » en la matière. La subvention de manutention unitaire va être portée de 10 à 12 euros. Elle sera financée par les crédits budgétaires 2005 à hauteur de 16 M€ et les reports de 2004 (9 M€). François Goulard a également évoqué un nouveau dispositif de financement pour l'année 2006 sans plus de précision. Parallèlement à ces aspects financiers, le secrétaire d'État a annoncé des modifications dans la répartition du capital de Novatrans et de la CNC. Augmentation de capital et cession de titres sont à l'ordre du jour. Les nouveaux actionnaires seront en priorité des transporteurs. René Petit y voit « une initiative positive ».
Si ce plan semble recevoir, dans ses grandes lignes, l'aval des principaux acteurs du secteur, les syndicats n'ont pas tardé à réagir. La fédération Sud-rail a fustigé les orientations du plan dans un communiqué publié le 30 mars. Le deuxième syndicat de la SNCF reproche la fermeture de cinq des onze terminaux de la CNC, la recherche d'entreprises privées pour la gestion des autres ou pour la traction des trains ainsi que la suspension de dessertes. Une position qui tranche avec le « signal de reconquête » que veut voir Jean-Claude Brunier dans les mesures annoncées et avec celle de Élisabeth Teboul qui conclut: « le développement durable est à la mode. Nous, on le fait. »

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